Pas d’auteurs, pas de libraires

Publié le 27 mars 2015

Samedi 21 mars, alors que je bouquinais sur les rives du Brésil, une tribus d’hommes et de femmes toute voix sonnante lançaient un slogan sous forme d’alerte. Ces autochtones interpellaient les touristes, amoureux et exploitants de ces terres (nombreux en ce jour de pèlerinage incontournable) pour faire entendre leur droit de survivre et leur volonté de pérenniser leur savoir-faire.

 

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Nul besoin de franchir l’Atlantique pour vous conter cet épisode. Je me trouvais au Salon du Livre de Paris au stand du Brésil (invité d’honneur) au milieu de visiteurs et collègues de la profession tandis que des dizaines d’auteurs, de traducteurs et d’éditeurs criaient leur colère et dénonçaient la précarité de leur profession à travers le slogan : « Pas d’auteurs, pas de livres ! »

 

Cette manifestation fait suite à la publication d’un manifeste du Conseil Permanent des Écrivains signé par près de 2.000 écrivains. Les signataires y dénoncent « des revenus à la baisse, des réformes sociales préoccupantes, un droit d’auteur fragilisé par la politique européenne… » Aussi, il faut bien comprendre que « les auteurs de livres sont clairement en danger. Et à travers eux, c’est la création éditoriale qui est menacée, dans sa liberté et dans sa diversité. »

 

De fait, la chaîne du livre, déjà bien fragilisée de part ses difficultés structurelles et conjoncturelles, est de plus en plus tendue. Au bout de la chaîne (de la corde ?), c’est le libraire et son point de vente qui sont menacés. Entendons-nous bien : nul doute que des « auteurs » fort prolixes contribueront ad libitum à la parution de livres à l’eau de rose pale et autres enquêtes de terrain fétide, mais le lien étroit entre le libraire et l’auteur se concrétise à travers l’identification, la vibration. Le libraire a besoin de se retrouver dans l’écrit de l’écrivain pour le prescrire. Il se nourrit des émotions déployées, des sentiments couchés sur le papier, du style dégagé pour parler et au final vendre un ouvrage. Oui, sans les auteurs, le libraire ne serait que vendeur de papier.

 

Pas d’auteurs, pas de livres ? Pas de livres, pas de libraires ! Nous sommes unis et interdépendants dans cette chaîne du livre. Vous pouvez compter sur les libraires, mesdames et messieurs les auteurs, pour faire vivre votre production, vos écrits, votre plume, votre âme.

 

Pour aller plus loin dans la mobilisation (liens actifs au 27/03/15) :

 

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