L’appel d’Epinal
Publié le 18 juin 2010 | pas de réaction
Lorsque près de 50 libraires se retrouvent durant 3 jours pour évoquer leur fonctionnement, imaginer de nouvelles perspectives commerciales et débattre sur leur identité, c’est un signe fort donné à l’interprofession et la preuve de réelles capacités de toute un réseau de librairies à se poser des questions cruciales. En l’occurrence, c’est dans les Vosges que les libraires du Groupement Siloë ont débuté une réflexion sur leur caractère propre (libraire religieux) et ont connu la rupture (générationnelle).
« Etre libraire religieux aujourd’hui. Réalités et évolutions » C’est autour de cette thématique que les libraires ont débuté leur session en se questionnant et en s’interpellant eux-mêmes sur leur propre identité. Grâce aux témoignages de libraires au profil bien singulier (dirigeant aguerri, salarié novice ou moine confirmé) et aux réactions des adhérents Siloë, les 2 heures d’un débat bien mené par un libraire engagé lui-même dans la profession sur le tard ont permis de prendre conscience que le métier de libraire religieux a considérablement évolué en prenant avant tout en compte la dimension économique et gestionnaire de son commerce. Puis, en s’adaptant aux réalités ecclésiales du fait de la baisse de la pratique religieuse, la baisse des vocations, l’évolution des pratiques catéchétiques et l’engagement ou non des instances auprès de leurs librairies. La dimension pastorale que revêt la librairie religieuse doit passer de facto par la dimension économique. Le libraire religieux d’aujourd’hui ne vit plus dans le même schéma (commercial, diocésain, rapport à l’éditeur religieux, formation professionnelle) qu’il y a 20 ans. Mais au fait… qu’est-ce qui définit un libraire religieux en 2010 ? (voir article de Patrick Banon sur « la librairie religieuse, un espace consacré à l’humain » dans ce même blog)
« Et vous, que dites-vous que je suis ? » Tel devrait être en substance le débat lancé par le Groupement des 60 librairies Siloë de France, d’Outre-Mer et de Belgique d’ici l’automne pour faire un état des lieux sur le métier du libraire religieux. Relayé par son propre réseau et ouvert à tous les protagonistes de la librairie religieuse (éditeurs, clients, organes professionnelles, institutions…) cette enquête devrait permettre ainsi de faire un état des lieux de la librairie religieuse de façon à susciter aux jeunes générations de vraies « vocation ».
Car cette jeune génération était bien présente, bien dynamique et volontaire lors de cette session d’Epinal ! C’est elle qui potentiellement sera à même de reprendre ou de créer les librairies religieuses de demain. Elle a besoin d’une feuille de route écrite avec les « anciens » de la profession, mise en perspective par l’interprofession et les acteurs majeurs ou annexes de la libraires et soutenue sans faille par les institutions de l’Eglise. Dès lors, l’avenir de la librairie religieuse sera assuré et pourra s’inscrire dans de nouveaux concepts et saura faire preuve d’audace. N’était-ce pas d’ailleurs l’intuition première de Siloë à sa naissance il y a plus de 20 ans ?
« Vaste débat » aurait dit le Général, et si la librairie religieuse a perdu la bataille en n’ayant plus le monopole de la diffusion du livre abordant le fait religieux, elle n’a pas pour autant perdu la guerre. La guerre pour la promotion du livre religieux alliée aux convictions professionnelles. Une noble guerre menée de façon à garder son caractère propre au sein de ses rayons spécialisés ; cette lutte pour affirmer son expertise sur le livre religieux ; et cette bataille éreintante pour confirmer la dimension pastorale de son engagement de libraire avant tout, mais religieux bien évidemment dans un esprit humaniste en accueillant et en répondant à tout Homme en quête de sens. C’est un véritable appel aux forces vives au service des librairies religieuses de demain qui a eu lieu à Epinal, sur les terres de Lorraine. Un appel à la mobilisation.
Livre-hebdo N°826 par Clarisse Normand
Librairies animées, commerce rassuré
Publié le 25 mai 2010 | 1 réaction
D’emblée, on pourrait s’imaginer qu’il suffit d’avoir sa librairie dans une rue commerçante, dans un quartier animé, d’organiser des événements culturels ou encore d’animer des rencontres pour considérer que cela doit suffire au libraire pour se considérer comme un véritable acteur culturel. Cependant, nous allons essayer de comprendre que, malgré un environnement et des circonstances qui semblent être porteurs, le libraire risque de passer à côté de ce qui est son cœur de métier : l’animation commerciale.
Lire la suite de l’article dans la Lettre d’Aquitaine n°787
Lettre à Elizéo
Publié le 17 avril 2010 | pas de réaction
La librairie Elizéo située à Tarare (69) est à vendre. Cet article ne s’inscrit pas dans les pages nécrologie. Loin d’annoncer la mort du petit cheval, ce papier souhaite accompagner Sébastien Dupéray afin qu’il revende dans les meilleurs conditions sa librairie qui fut son cheval de bataille durant 3 ans. C’est le but de cet article sous forme d’annonce.
Vends Librairie généraliste, dans ville de l’ouest lyonnais de 30 000 habitants, plein centre, excellent emplacement en face de la Poste et en plein cœur commerçant de la ville. Surface de vente de 70m², complétée d’un local logistique attenant et d’accès facile de 25m². Agencements et mobilier récents, librairie informatisée (logiciel Ellipses).TB notoriété, clientèle de particuliers (70% CA) et de professionnels (30% CA : bibliothèques, écoles, collectivités locales, entreprises).
Obtention du label LIR en 2009. CA : 550 000€ / 1 salariée.
Contact : Librairie Elizéo
Sébastien Duperay : 06.60.60.49.39 / elizeo.librairie@orange.fr
ÉLIZÉO - Réseau Plein Ciel
Librairie Papeterie Fournitures de bureau
1 rue Anna Bibert 69170 TARARE
Tél. : 04.74.63.40.97
Fax : 04.74.63.17.06
Google au salon, libraires aux balcons
Publié le 22 mars 2010 | pas de réaction
Doit-on y voir un message subliminal ou l’annonce d’un scoop ? Dans « le Monde des Livres » en date du 19 mars, Alain Beuve-Mery indique dans son article « Gros temps sur le Salon du livre de Paris » que l’« on prête…l’intention à Reed (Reed Expositions, organisateur du Salon) de vouloir reprendre l’initiative et d’organiser un Salon du livre sans le SNE (Syndicat National de l’Edition), mais avec les régions, les petits éditeurs et surtout de nouveaux entrants sur le marché du livre comme Google et Orange. » Si ce n’est pas de l’info, çà y ressemble.
Que les Salons littéraires se développent en régions, c’est un fait et une très bonne chose. Cela sollicite les forces vives des régions (des éditeurs aux auteurs, des libraires aux structures associatives ou les collectivités territoriales) et les obligent à se déclarer, à sortir du bois, à s’engager sur leur territoire local, 1er prescripteur de leurs productions et services.
Mais que Reed Expositions puisse jouer du pipeau devant le serpent Google…ce n’est pas validé mais pas forcément un signal encourageant pour la profession. Quand bien même dans ce même article Jean-Daniel Compain (directeur général du Pôle culture de Reed Expositions) estimerait que ce genre de posture « est à la fois hors de propos et complètement stupide », il n’empêche. Une odeur de souffre flotte au-dessus de l’interprofession.
Alors que le Portail de la librairie tarde à s’ouvrir malgré toutes les huiles versées dans ses gonds (voire la sueur même des libraires engagés), tandis qu’Amazon bat des records de vente de livre à Noël dernier, il serait pertinent de connaître plus précisément la teneur de ces tractations entre Google, Orange et Reed Expositions annoncées par le Alain Beuve-Mery.
Pour que les libraires ne puissent pas demain du haut de leur balcon constater la danse exécutée au Salon, je m’engage à publier, au service de l’interprofession, tous les commentaires avisés permettant de comprendre ce qui se joue véritablement à propos. J’attends pour cela vos réactions. Chaque contribution fera avancer la profession.
« retour — continuer de chercher »

















