Les Français, la lecture et leurs libraires

Publié le 17 mars 2015 | pas de réaction

Le Centre National du Livre (CNL) vient de publier une étude réalisée par l’institut Ipsos intitulée « Les Français et la lecture ». Dans son introduction, le CNL rappelle que le « contexte [est] difficile pour le marché du livre qui termine l’année 2014 en baisse de -3,1% en volume, avec 247 millions d’exemplaires vendus -2,3% en valeur, soit un marché global qui s’établit à 2,7 milliards d’euros, et des professionnels confrontés à de multiples contraintes économiques. »

 Les Français et la lecture copyright IPSOS

 

C’est à partir de ce constat et dans l’optique de « mieux comprendre et connaître les Français dans leur rapport au livre et à la lecture… [que] le CNL a donc confié à Ipsos la réalisation d’une étude portant sur un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française des 15 ans et plus, interrogé par téléphone. Dans ce cadre, ont été posées une trentaine de questions abordant les pratiques de lecture, les modes de procuration des livres, le rapport à la lecture, les loisirs. »

 

Cette étude nous invite à bien comprendre et assimiler entre autre que la culture du livre dans l’environnement familial influence sans conteste la pratique de la lecture chez les plus jeunes. Le dossier d’Ispos précise que « les jeunes sont plus réceptifs que leurs aînés aux recommandations des enseignants et des internautes tandis que les 65 ans et plus sont davantage influencés par les recommandations des journalistes, critiques littéraires ou les prix littéraires ».

 

Où les Français achètent-ils leurs livres ? Ce sont les modes de procurations qui nous intéressent plus spécifiquement. Parmi précisément les 942 personnes qui ont répondu à la question posée par Ipsos « Où vous procurez-vous les livres que vous achetez? », force est de constater que les librairies tiennent le haut du pavé avec 75% des sondés qui revendiquent leurs achats en ces lieux. Viennent ensuite les grandes surfaces culturelles avec 73% des personnes interrogées qui les fréquentent. A noter que les 35-49 ans sont 82% à faire leurs emplettes de livres dans ces GSS (grande surface spécialisée). Autre enseignement, 44% des personnes contactées achètent en GSA (grand surface alimentaire). Chiffre qui grimpe à 49% chez les femmes. Parallèlement, il est intéressant de souligner que seuls 29% des 15-24 ans achètent leurs livres dans les grandes surfaces. Autre phénomène à mettre en exergue, l’achat de livres sur Internet : 38% des sondés se fournissent en ligne. Chiffre qui gonfle à 53% chez les 35-49 ans. Un focus sur les 15-24 aurait éclairé fort à propos le sondage car leurs pratiques d’aujourd’hui déterminent leurs habitudes de demain. Enfin dernier point significatif, le livre numérique : 10% des personnes interrogées précisent en faire l’acquisition et tout naturellement « sur Internet via des sites de ventes en ligne de livres numériques ». Proportion qui monte à 14% pour les 15-24 ans et qui culmine à 17% chez les 15-24 ans.

 

Ce qu’il faut retenir de cette étude sur le sujet qui nous intéresse, c’est que les 35-49 ans achètent leurs livres dans un plus grand nombre de points de vente que la moyenne (à savoir dans les Librairies, GSS, GSA et Internet) tandis que les 15-24 ans achètent moins dans la grande distribution (GSA) que leurs ainés, mais achètent plus que les autres des livres numériques sur Internet. Les librairies et les grandes surfaces culturelles sont donc à ce jour les lieux de vente les plus fréquentés pour se procurer des livres neufs au format papier. Étant avant tout commerçant, le libraire sait bien que seule la fréquentation lui permet de prescrire et d’obtenir des résultats liés à la vente au détail. Cette enquête tend à rassurer quelque peu la profession.

Gageons que cette même étude réalisée en 2035 nous indiquera que les 35-49 ans (qui sont les 15-24 d’aujourd’hui) resteront attachés aux points de vente physiques que seront les librairies de demain animées par des libraires visionnaires. On lance un sondage sur ce même blog dans 20 ans ?

 

Au salon on cuisine les libraires

Publié le 14 mars 2015 | pas de réaction

Pour la saison 2015, le Salon du Livre de Paris inaugure le premier forum spécifiquement consacré aux problématiques professionnelles du livre.

 

Du vendredi 20 au lundi 23 mars, différents ateliers répondront plus précisément aux problématiques liées à la librairie indépendante. Plusieurs rendez-vous méritent toute l’attention des professionnels de la librairie :

 

  • L’observatoire de la librairie Vendredi 20 mars 11h30-12h30 au salon littéraire du CNL (L79) : le syndicat de la librairie française présentera le futur observatoire actuellement en phase de test. Cet outil initié et piloté par le SLF est basé sur un partage automatisé de données informatiques sur les ventes, les achats et les stocks recueillies auprès des librairies qui y seront affiliées. Ces informations synthétisées sous forme de tableaux de bord devraient permettre aux libraires de mieux piloter leur activité.
    Organisé par le CNL, en collaboration avec le SLF
  • Bonnes pratiques en librairie : les animations et l’organisation des signatures Dimanche 22 mars 14h30-15h15 à l’agora du SNE : La librairie de quartier ou de centre-ville participe à l’animation locale en offrant au public la possibilité de rencontrer des auteurs et des éditeurs, de traiter de grands sujets artistiques, politiques, sociales … Deux libraires partagent leur expérience de l’organisation de signatures d’auteurs. Comment communiquer autour de l’évènement ? Faut-il organiser une rencontre ou signature seule, pratiquer les pré-commandes ? Comment accueillir les auteurs ? Sont autant de questions qui se posent.
    Intervenants : Jean-Marie Ozanne (Folies d’encre), David Rey (librairie Atout Livre)
  • La supply chain : Quelles solutions face aux manquants en magasin et aux commandes des clients ? Lundi 23 mars 10h15-10h45 à l’agora du SNE : Réagir vite aux manquants en magasin et aux commandes clients est un élément déterminant du service et un atout indispensable face aux atouts spécifiques du e-commerce. De quels services la librairie indépendante peut-elle disposer ? Comment fonctionne la supply chain ? Quels sont les indicateurs pour mesurer la performance des différentes organisations (fournisseurs, transports, entrepôts, services logistiques, etc.) ? Comment piloter l’activité selon les objectifs principaux du métier (taux de service, niveaux de stock, coût, productivité, délais de livraison, etc.) ?
    Avec Jean-Paul Alic (Interforum), accompagné d’un libraire
  • Présentation de projets collectifs pour les libraires indépendants Lundi 23 mars 14h00-15h00 à l’agora du SNE : Le Syndicat de la librairie française (SLF) présente plusieurs projets collectifs développés en faveur des libraires indépendants : dispositif de diffusion des livres numériques en librairie en développement avec Orange (David Lacombled, Directeur délégué à la stratégie de contenus chez Orange) ; développement de la campagne nationale de communication des libraires indépendants et de leur identité collective, présentation des troisièmes Rencontres nationales de la librairie (Lille, 21 et 22 juin 2015), observatoire économique de la librairie (Matthieu de Montchalin, Directeur de la librairie l’Armitière à Rouen et Président du Syndicat de la librairie française).
    Rencontre animée par le Syndicat de la librairie française
  • Le Syndicat de la librairie française : projets 2015 Lundi 23 mars 16h15-17h15 à l’agora du SNE : Guillaume Husson (délégué général du Syndicat de la librairie française) présente le projet numérique développé par Orange en partenariat avec le SLF et les libraires. Il abordera également les projets du moment : la marque Librairie Indépendante et la campagne de communication « Entrez ailleurs » ainsi que les troisièmes rencontres nationales de la librairie (21 – 22 juin à Lille).

 

Plus d’infos : http://www.salondulivreparis.com/Forum-pro.htm

 

Alors, sortez de sous les couettes, descendez de vos greniers, remontez de vos caves, quittez votre bureau et tous au salon !

Paresse à la carte

Publié le 11 mai 2011 | pas de réaction

« J’aime le luxe et même la mollesse ». Ainsi dans son poème « Le mondain » daté de 1736, Voltaire casse-t-il véritablement les canons de l’époque qui s’évertuent à propager que le bonheur passe par l’austérité. Et si le bonheur passait aussi par la paresse ?

C’est un peu en substance ce que met en évidence le dernier dossier conçu et écrit par les librairies Initiales intitulé «Ecrire le travail». Dossier fort bien documenté, offrant une bibliographie de qualité et auquel ont contribué des auteurs de renom comme Didier Daeninckx.

« Pourquoi diable avoir choisi le travail comme thématique ? » se demande Sébastien Le Benoist de la librairie Quai des Brumes à Strasbourg et coordinateur du dossier. Sa réponse est tout en lucidité : « Tout simplement parce que la littérature est une véritable caisse de résonance de la société et de nos vies ». Et de continuer en vrai libraire ayant foi en son métier : «…Comme nous croyons en la littérature, puisse ce dossier nous donner la force de nous affranchir des maux et des mots du travail pour retrouver le plaisir de vivre et de penser chacun à son rythme ».

sdaumay-initiales-librairies

Chaque individu a sa propre notion de rythme, a fortiori lorsqu’il s’agit du travail… J’aime retenir un autre élément de réponse à la question posée par notre libraire et illustré par la carte de la paresse très ingénieusement bâtie par Sophie Garayoa, permanente du réseau des librairies Initiales : la notion de travail étudiée via le prisme de la littérature permet bien évidemment de s’imprégner des réalités ouvrières (Gérard Mordillat, Les Vivants et les Morts, Calmann-Lévy, 2005), comme de comprendre le cynisme du monde de l’entreprise (Delphine de Vigan, Les Heures souterraines, Lattès, 2009). Mais aussi, ce même prisme permet-il de naviguer via cette singulière carte de la paresse dans le dandysme (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu), l’oisiveté féminine (Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses) ou encore dans les confins de « la paresse créative » (pour reprendre l’intitulé retenu) que l’on retrouve avec Franquin dans Gaston Lagaffe.

Alors oui, en considérant tous ces éléments, j’aime définitivement le travail (ok, surtout le mien !). Et je vais même me payer le luxe (sans la mollesse) de fixer la carte de la paresse au dessus de mon bureau, histoire de ne pas perdre le sens de l’orientation existentielle.

Carte de la paresse librairies Initiales

Dossier thématique n°25, Ecrire le travail


Libr’air à Parthenay

Publié le 7 mai 2011 | pas de réaction

« Recherche libraire pour vie commune en toute indépendance » Telle est l’accroche de la ville de Parthenay dans les Deux-Sèvres qui lance un concours national à des candidats à la création d’une librairie.

Dans le projet, il est explicitement indiqué que « la pérennité d’une activité de librairie repose avant tout sur la maitrise d’un métier qui contribue à éveiller et nourrir le goût de la lecture des lecteurs et susciter la curiosité. C’est pourquoi, à travers ce concours national, la Ville de Parthenay vise à sélectionner et accompagner une ambition entrepreneuriale, de façon respectueuse de l’indépendance de la librairie et consciente des responsabilités que chacun doit assumer pour faire avancer la cause commune de la lecture publique »

logo-ville-parthenayFichtre, diantre, mazzete ! C’est pas tous les jours que ce genre d’annonce est publiée ! Bravo pour l’initiative originale qui devrait créer un certain débat auquel je participerai assurément.

Donc, si vous ne savez pas trop quoi faire de vos diplômes d’IUT ou d’INFL, si vous voulez valider vos expériences dans les rayons d’une librairie ou si tout naturellement vous revendiquez des velléités en matière de création, prenez contact. Nous sommes au cœur d’une région volontaire vis-à-vis de la librairie indépendante et par ailleurs en terme de qualité de vie, les arguments ne manquent pas. Si besoin d’un petit conseil, n’hésitez pas à me sonner !

Alors à vos dossiers pour être libres comme le bon air de Parthenay. Libraire à Parthenay quoi !

Communiqué recherche libraire à Parthenay

Dossier candidature librairie Parthenay

Lyon, capitale de la librairie

Publié le 30 avril 2011 | pas de réaction

rencontres-librairieLes dernières rencontres nationales de la librairies ont été organisées en 1990. Autant dire que je n’étais même pas en gestation dans le ventre de la librairie, occupé que j’étais à l’époque à savoir si la barbe m’allait bien, ou pas ou bof… Depuis, une femme (ma femme) m’a permis de répondre à la question, et définitivement c’est oui. Conforté dans mon opinion, j’ai pu ensuite débuter mon emploi en librairie en assumant pleinement ma pilosité faciale qui s’avérera au final bien compenser l’avancée du désert sur mon crâne de libraire.

C’était il y a 17 ans, autant dire une éternité pour nos métiers. Depuis, de l’encre parfois rouge a coulé sous les ponts de la librairie française. D’où une initiative programmée prochainement : les Rencontres Nationales de la Librairie. En effet, Le SLF, la fédération Libraires en Régions et l’association Libraires en Rhône-Alpes posent à Lyon les 15 et 16 mai prochain la seule question qui vaille d’être débattue : « Quelle librairie pour demain ? » Et d’indiquer dans la lettre d’invitation que « ces Rencontres nationales sont les premières organisées à l’initiative des libraires eux-mêmes. Elles ont pour ambition de marquer, au-delà de la diversité propre au réseau des libraires indépendants, l’unité de la profession autour d’enjeux communs pour la librairie d’aujourd’hui et de demain ».

Les mots sont forts et sans équivoque :

• Initiative
• Ambition
• Diversité
• Indépendants
• Unité
• Enjeux
• Demain

Les Rencontres de Lyon seront un évènement à la hauteur des enjeux que doit traverser la profession. A ce jour, déjà 500 personnes sont inscrites. Ce chiffre est déjà un succès à lui seul et augure d’une profusion de prises de décisions, d’alternatives identifiées et d’ambitions affichées. Mais attention ! Les places étant limitées, elles sont dorénavant très chères et l’inscription est formellement obligatoire.

Alors rassemblement général ! Tous à Lyon pour apporter notre pierre à l’édifice qui servira de support à la librairie (à nos librairies !) de demain. Non, les libraires ne sont pas des extraterrestres du commerce, des zombis de la culture et encore moins des gardiens du temple du savoir. Ils savent être pragmatiques, clairvoyants et visionnaires. Ces rencontres le prouveront à nos partenaires comme à nos interlocuteurs.

Venons donc aussi à la rencontre de nous-mêmes ! C’est capital et c’est à Lyon.

Rencontres Nationales de la Librairie Lyon 15 et 16 mai 2011

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