« Libraire je suis, commerçant je resterai ! »

Publié le 21 juillet 2009

Oui je sais que dans la nature du libraire il est primordial de pouvoir clamer son innocence. De plaider non coupable ! Mais de quoi le libraire serait-il coupable ? De faire du commerce bien sûr ! « Comment ? Je suis commerçant ? Moi ? Libraire ? Vous faites erreur ! Je suis passeur d’envies et de culture ».

 

Au risque d’être un peu acide mais réaliste suivant mon expérience, il me semble que  parfois c’est difficile d’assumer pour le libraire les réalités du commerce tandis que l’on baigne dans la culture du livre, que l’on organise des signatures, que l’on « reçoit » les représentants des dernières grandes maisons d’éditions indépendantes, que l’on planche sur une belle vitrine thématique, que l’on s’est fait un nom dans le milieu culturel de la ville et surtout, que le client écoute avec attention et respect les conseils de lecture prodigués.

 

Oui c’est difficile de prendre de la distance et de réagir en pragmatique lorsqu’il s’agit d’interpréter les résultats de la librairie. De comprendre pourquoi le panier moyen a chuté le mois dernier. D’analyser avec lucidité les raisons qui ont permis au rayon loisir culturel  de connaître une hausse à 2 chiffres sur le trimestre et de capitaliser. De tirer les conclusions des mauvais résultats d’un rayon beaux-arts qui prend 2 mètres linéaires et 1 table alors que le rayon manga…. De se donner les moyens d’organiser les retours et d’écrémer des rayons les références à trop faible rotation en fonction des taux de retours sortis du logiciel ou communiqués par les forces de vente.

 

Oui le libraire, qu’il le veuille ou non, fait du commerce car il est lié aux résultats économiques. Et ce commerce est au service de qui ? Du client bien sûr mais aussi pour la réussite de son rayon, de son département, de ses univers, de son secteur. On l’appelle comme on veut mais au final vendre un livre, de la papeterie, de la presse ou des produits dérivés permet de faire vivre la librairie et ses libraires.

 commerce-librairie

Oui, je suis libraire (j’étais devrais-je dire !), tu es libraire, il est libraire, vous êtes libraire. Mais nous sommes aussi tous commerçants. Un commerce au service du client et pour la réussite de la librairie. Car libraire je suis (c’est ma nature) et commerçant je resterai (c’est ma fonction).

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? J’attends vos réactions argumentées et commentaires avertis.

Et surtout n’ayez pas peur : même si blogueur vous êtes, libraire vous resterez !

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2 réactions sur « Libraire je suis, commerçant je resterai ! »

  • sophie dit :

    tout l’enjeu est de savoir se servir de l’économique pour faire du lien social et culturel… et en vivre au passage! Le fait est qu’au quotidien, c’est vrai qu’on a plus l’impression de subir la pression économique plutot que d’être aux commandes de leviers économiques… enfin ça dépend du degré d’info des salariés sur les caractéristiques économiques de leur activité dans leur librairie aussi… si on n’a pas l’info, c’est sûr qu’on peut pas bien connaitre et comprendre son domaine commercial.

  • Viviane dit :

    Un autre « rayon » me paraît résumer à lui seul toutes les ambiguïtés de notre (ex-)profession: la fameuse et célébrissime collection de la Pléiade évidemment! Des auteurs prestigieux, un appareil critique souvent remarquable, et patati, et patata, mais…une remise (souvent) minable, un taux de rotation inavouable, et… pourtant, une librairie sans sa pléiade ne serait pas une « vraie » librairie! Alors, on en fait quoi de cette collection? On assume un stock énorme mais casé au « grenier »? On la met sur le mur derrière la caisse histoire de s’assurer que les rares exemplaires qui sortent de la librairie soient payés? On la comprime au maximum…et évidemment, on n’aura jamais au bon moment le volume que veut monsieur-le-client-d’un goût-raffiné? D’autres idées peut-être? ;-)

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