Viviane, amie des libraires

Publié le 06 février 2010

C’est un véritable cri du coeur. Viviane Hamy -éditeur qui s’attache depuis 20 ans à découvrir de nouvelles voix ou à redécouvrir des écrivains européens- a fait parvenir aux libraires un courrier qui en dit long sur les problématiques de notre métier.

Qu’un éditeur soit interpellé par ses taux de retours, c’est dans sa logique de fonctionnement. Qu’un éditeur veuille adapter sa ligne éditoriale face aux réalités commerciales, cela s’intègre dans sa stratégie de développement. Mais présentement, l’éditeur vient véritablement au chevet du libraire qu’il considère en souffrance puisque les taux de retours ont explosé sur la fin d’année. Tandis que ce même éditeur se prend de plein fouet ces retours avec les frais liés à la gestion auprès de son distributeur (UD-Flammarion) et des avoirs émis en conséquences (dans une certaine mesure liés une logique de fonctionnement aussi), Viviane Hamy envisage des pistes de gestion et de positionnement éditorial à défaut de pouvoir véritablement apporter des solutions clefs en main aux libraires. Concrètement, elle leur propose de leur faire parvenir « tous les services de presse [qu’ils souhaitent] » pour faire le bon choix dans la mise en place ; de ne rien faire paraître en mars en avril « pour être plus disponible…être à l’écoute« . Et même d’évoquer frontalement la gestion des librairies en demandant aux libraires de garder quelques références parues en 2009 « si [la] trésorerie …le permet ».

Viviane Hamy
Voici donc un éditeur qui délibérément se met dans la peau du libraire en se posant la seule et unique question liée aux nouveautés mises en place : « Ai-je donné sa chance à cet auteur, à ce livre ? ». La chance, à défaut d’y croire, peut être provoquée. Et c’est bien le rôle, l’identité du libraire qui est mise en exergue à propos : comment donner sa chance à un auteur ? La lettre de l’éditeur doit provoquer les libraires et toute la profession car pour reprendre sa formule, elle « s’autorise une proposition » et rappelle « qu’un auteur n’est pas une denrée périssable. » Quid du libraire ?

Bien des éditeurs devraient réfléchir en ce sens quant à leurs relations avec leurs libraires, véritables prescripteurs et passeurs de culture. Viviane, amie des libraires ? Certainement. Aux libraires de leur côté d’être en confiance avec un éditeur qui se positionne comme véritable partenaire. Et si vous souhaitez vous imprégner de la teneur de cette lettre, je vous invite à pousser la porte d’un (vrai ? passionné ? militant ?) libraire destinataire de ce courrier. Une simple lettre mais qui à elle seule incarne une relation privilégiée entre un éditeur et ses libraires.

Suivez moi !

Les commentaires sont fermés sur cet article.

Derniers articles

Meta

Webmarketing viaa.fr.
.

Copyright © Stéphane Daumay Accompagnateur en librairie.