Paresse à la carte

Publié le 11 mai 2011

« J’aime le luxe et même la mollesse ». Ainsi dans son poème « Le mondain » daté de 1736, Voltaire casse-t-il véritablement les canons de l’époque qui s’évertuent à propager que le bonheur passe par l’austérité. Et si le bonheur passait aussi par la paresse ?

C’est un peu en substance ce que met en évidence le dernier dossier conçu et écrit par les librairies Initiales intitulé «Ecrire le travail». Dossier fort bien documenté, offrant une bibliographie de qualité et auquel ont contribué des auteurs de renom comme Didier Daeninckx.

« Pourquoi diable avoir choisi le travail comme thématique ? » se demande Sébastien Le Benoist de la librairie Quai des Brumes à Strasbourg et coordinateur du dossier. Sa réponse est tout en lucidité : « Tout simplement parce que la littérature est une véritable caisse de résonance de la société et de nos vies ». Et de continuer en vrai libraire ayant foi en son métier : «…Comme nous croyons en la littérature, puisse ce dossier nous donner la force de nous affranchir des maux et des mots du travail pour retrouver le plaisir de vivre et de penser chacun à son rythme ».

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Chaque individu a sa propre notion de rythme, a fortiori lorsqu’il s’agit du travail… J’aime retenir un autre élément de réponse à la question posée par notre libraire et illustré par la carte de la paresse très ingénieusement bâtie par Sophie Garayoa, permanente du réseau des librairies Initiales : la notion de travail étudiée via le prisme de la littérature permet bien évidemment de s’imprégner des réalités ouvrières (Gérard Mordillat, Les Vivants et les Morts, Calmann-Lévy, 2005), comme de comprendre le cynisme du monde de l’entreprise (Delphine de Vigan, Les Heures souterraines, Lattès, 2009). Mais aussi, ce même prisme permet-il de naviguer via cette singulière carte de la paresse dans le dandysme (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu), l’oisiveté féminine (Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses) ou encore dans les confins de « la paresse créative » (pour reprendre l’intitulé retenu) que l’on retrouve avec Franquin dans Gaston Lagaffe.

Alors oui, en considérant tous ces éléments, j’aime définitivement le travail (ok, surtout le mien !). Et je vais même me payer le luxe (sans la mollesse) de fixer la carte de la paresse au dessus de mon bureau, histoire de ne pas perdre le sens de l’orientation existentielle.

Carte de la paresse librairies Initiales

Dossier thématique n°25, Ecrire le travail


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