L’été meutrier

Publié le 14 juillet 2010

Il y a des articles dans Livre-Hebdo  qui mériteraient de paraître dans les  pages nécrologies. A se demander si dès la rentrée, l’hebdomadaire professionnel ne devrait revoir sa maquette.

En effet, lorsque l’on prend connaissance de l’article de Cécile Charonnat paru dans le dernier numéro de Livre-Hebdo à propos de la fermeture programmée de 5 librairies dès cet été, on comprend mieux pourquoi il y a plus de facteurs  anxiogènes que de raisons d’espérer.

 été meurtrier-sdaumay

L’année 2010 est compliquée pour le commerce de la librairie : trop peu de fréquentation, baisse du chiffre au comptant, des collectivités qui remettent en cause leurs commandes, des mises en places au compte-goutte, des taux de retour qui atteignent des chiffres qui seraient qualifiés d’obscènes si on les écrivait sur les tableaux des salles de l’INFL. Sans parler de la trésorerie ! Ce levier d’ action à court terme, cette poire qui permet d’étancher sa soif de commercer et d’investir. Comment réagir en de telles circonstances ?

A six mois du 31 décembre , difficile d’écrire le scénario de la fin d’année. Il n’empêche, la situation est compliquée comme jamais pour la librairie indépendante. Idem pour les enseignes. C’est l’acte d’achat du livre dans les commerces de la librairie (et non la vente en ligne) qui est remis en cause. Et certains éditeurs sont bien conscients qu’à terme c’est leur activité qui peut être mise à mal. A l’image du groupe Parole et Silence / DDB qui propose au réseau des librairies religieuses la mise ou remise en place de ses « essentiels » avec surremise et échéance ou à l’initiative du début d’année de Viviane Hamy (voir article du 6 février) pour aider les libraires dans la diffusion de son catalogue, les synergies communes dans l’interprofession doivent permettre d’imaginer une autre forme de travail commun pour un objectif unique : la présence du livre dans les librairies physiques, le soutien à la production éditoriale à travers les éditeurs et enfin la survie du libraire, personnage passionné et dernier maillon dans la chaîne du livre. S’il devient le chaînon manquant, ce n’est pas que l’été qui sera meurtrier, mais la prochaine décennie culturelle qui sera assassine pour tout le monde (auteurs, imprimeurs, éditeurs, diffuseurs, transporteurs, libraires et…clients).

Comme Pierre Desproges, je suis contre la mort et prêt à signer une pétition. Sauf que pour moi, peu importe la forme qu’elle puisse prendre (fermeture de librairie, décès d’un auteur, livre épuisé). Alors pour vivre heureux au moins durant cet été meurtrier, ne négligeons pas la fréquentation des librairies et passons le message autour de nous. Petits moyens mais nobles intentions… C’est un peu comme l’autre jour où je prenais un pastis (saison oblige) avec un éditeur qui parlait de son site (non marchand). Innocemment, je lui demande s’il renvoie la vente de son catalogue vers une librairie en ligne. « Oui, me répond-il sans s’émoustiller,  vers Amazon ».  Là, c’est carrément assassin comme position et je lui ai fait comprendre par A + B qu’il se fourvoyait. Comme quoi, y’a du boulot, même en été !

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1 réaction sur L’été meutrier

  • Tisotte dit :

    Effectivement Stéphane, il y a du boulot, même auprès des libraires… ;-)

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