Les 400 coups

Publié le 10 septembre 2009

400. C’est le chiffre du jour. Première fournée du label LIR attribué ce 31 août aux librairies indépendantes répondant aux exigeants critères du CNL.

400. Ce n’est qu’un début. Et le vrai travail incombe aux librairies qui aujourd’hui endossent ce label de qualité. Ne nous trompons pas dans la finalité : le label LIR oblige à écrire de vrais objectifs, une vraie stratégie.

Bien évidemment il récompense une profession et le travail de qualité mené dans sa ligne éditoriale et dans les conseils prodigués par les libraires formés et diplômés. Mais cette récompense s’inscrit dans un cahier des charges qui devra être réécrit tous les jours. Car le commerce l’oblige. L’actualité littéraire et sociale l’impose. La conjoncture s’introduit dans les résultats.

Ce n’est pas un label comme les autres. Pas de macarons sur la porte pour certifier l’AOC de la librairie « l’Eau vive » à Avignon. Pas de label rouge estampillé sur la devanture de « L’échappée Belle » à Sète. Aucun logo AB sur les étagères de la librairie Tessier à Nîmes. Et pas plus de normes Iso 9001 imprimées sur les sacs de la « La boîte à livres » à Tours…

Librairie Tessier Nîmes

Il sera indispensable à la profession -aux indépendants- de capitaliser sur ce label pour non seulement encore une fois remplir les formulaires en triple exemplaires afin d’être exonéré de la taxe professionnelle, mais avant tout de rayonner plus que jamais localement, de confirmer ses choix éditoriaux et ses services face à Internet et les différents canaux de vente.

400… Est-ce le nombre de coups que la profession a encaissé depuis l’instauration de la loi Lang sans fléchir ? 400... Est-ce le coût en euros et par librairies de toutes ces procédures liées au label à mettre en place ? Et si c’était plutôt les 400 coups que proposeraient les libraires indépendants ? Allons-y, dépassons ce label. N’en tressons pas une couronne mais faisons du label le « coup du libraire » : celui qui lit, qui conseille, qui vend, qui offre, qui anime, qui gère, qui fidélise. Bref qui fait son métier « labellisé » mais qui se doit d’être visionnaire et responsable.

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3 réactions sur Les 400 coups

  • Viviane dit :

    L’idée de « récompenser » par des exonérations fiscales certains libraires ayant choisi de s’engager dans la voie périlleuse d’un travail de fidélisation réelle du client est généreuse, voire magnifique.
    Et je ne doute pas qu’une grande partie des 400 librairies ayant obtenu ce précieux sésame l’aient mérité, grâce à un travail exigeant, innovant et de qualité, s’inscrivant dans la durée.
    Mais une fois le label obtenu, comment cela se passera-t-il? Un « lecteur-mystère » se rendra-t-il régulièrement dans ces librairies-là pour vérifier que le libraire qui l’animait se montre toujours encore aussi perspicace et débonnaire? Ce même visiteur ira-t-il aussi vérifier que ce fonds si cher (dans tous les sens du terme!) aux libraires indépendants n’aura pas été écrasé par les arrivées désordonnées de tapageuses nouveautés?
    Quid du label LIR dans la durée???

    • Stéphane Daumay dit :

      Ce label, et c’est l’esprit de cet article, vivra grâce au travail des libraires qui doivent plus que jamais s’appuyer sur le travail abouti et probant pour bâtir la librairie du futur. Il s’agit aussi d’un virage générationnel qu’il faut bien appréhender. Car même si ce label récompense d’abord la pugnacité d’une génération empreinte de convictions sur l’esprit du métier et de son commerce, elle doit donner l’impulsion nécessaire aux jeunes libraires en place et qui doutent de leur destin professionnel. Et décider ceux qui hésitent sur leur choix professionnel. Ce label, plus que récompenser les libraires d’aujourd’hui, grandit ceux de demain.

  • D.Viat dit :

    Très bon article !
    de la part d’un simple lecteur…même pas libraire.
    On sent la passion du métier et l’envie d’aller de l’avant : continuez.

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