Happy culture

Publié le 14 août 2010 | 3 réactions

En pleine torpeur estivale, la réalité peut vous réveiller dard-dard sous les traits d’une innocente abeille. L’autre jour, une amie qui savait que j’évoluais dans le monde de la librairie, m’a demandé si je pouvais lui trouver un livre dont elle avait entendu parler. Mu par mon instinct de commerçant et soucieux de vouloir lui rendre service, je me jetais sur une base de données pour trouver les référence précises d’un ouvrage sensé aborder l’apiculture. « Ça serait drôle si c’était chez Polen diffusion ! » me dis-je en ouvrant l’ordi. Je n’avais que quelques mots clefs griffonnés sur un bout de papier mais bingo ! Je lui imprimais la notice bibliographique après m’être rendu compte que le livre étant édité en Belgique et sans distributeur en France, je pouvais lui proposer un plan B pour faire venir par les airs le livre convoité en faisant appel à un confrère belge, grâce à la ruche de libraires où j’exerce,  qui par téléphone me cria : « Je l’ai ! » Royal !

Tel apis ayant repérée une belle plante, je courais jusque chez mon amie pour lui signifier d’une voix mielleuse que son livre sur l’apiculture pouvait lui être livré à domicile dans les 3 jours. Car je ne voulais pas que ma « cliente » de circonstance aille butiner  comme elle le laissait entendre du côté de la FNAC, quelque peu fanée il faut bien l’avouer. Non pas la cliente mais la FNAC…

 mireille-abeille-gallimard-sdaumay

Plus puissant que les alvéoles de la FNAC, plus redoutable que le rucher Cultura, plus fatal qu’un essaim de libraires indépendants recouvrant la ville, le dard Amazon avait encore frappé entre temps. Alors que mon libraire belge en bonne ouvrière avait survolé tous ses champs livresques à la recherche de l’objet tant convoité, le livre « Etre performant en apiculture » venait d’être commandé sur le site hégémonique. Piqué au vif, je lui décochais un regard venimeux. J’avais le bourdon.  

Le soir en question, je prenais une tisane avec une cuillérée de miel. Cette nuit là je fis le pire cauchemar de ma carrière professionnelle. En tapant mon code de CB sur le site d’Amazon, je validais de fait une transaction. Dans les 48h j’allais recevoir le livre « Etre performant en librairie ». Quelle abeille m’avait donc piqué ?

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L’été meutrier

Publié le 14 juillet 2010 | 1 réaction

Il y a des articles dans Livre-Hebdo  qui mériteraient de paraître dans les  pages nécrologies. A se demander si dès la rentrée, l’hebdomadaire professionnel ne devrait revoir sa maquette.

En effet, lorsque l’on prend connaissance de l’article de Cécile Charonnat paru dans le dernier numéro de Livre-Hebdo à propos de la fermeture programmée de 5 librairies dès cet été, on comprend mieux pourquoi il y a plus de facteurs  anxiogènes que de raisons d’espérer.

 été meurtrier-sdaumay

L’année 2010 est compliquée pour le commerce de la librairie : trop peu de fréquentation, baisse du chiffre au comptant, des collectivités qui remettent en cause leurs commandes, des mises en places au compte-goutte, des taux de retour qui atteignent des chiffres qui seraient qualifiés d’obscènes si on les écrivait sur les tableaux des salles de l’INFL. Sans parler de la trésorerie ! Ce levier d’ action à court terme, cette poire qui permet d’étancher sa soif de commercer et d’investir. Comment réagir en de telles circonstances ?

A six mois du 31 décembre , difficile d’écrire le scénario de la fin d’année. Il n’empêche, la situation est compliquée comme jamais pour la librairie indépendante. Idem pour les enseignes. C’est l’acte d’achat du livre dans les commerces de la librairie (et non la vente en ligne) qui est remis en cause. Et certains éditeurs sont bien conscients qu’à terme c’est leur activité qui peut être mise à mal. A l’image du groupe Parole et Silence / DDB qui propose au réseau des librairies religieuses la mise ou remise en place de ses « essentiels » avec surremise et échéance ou à l’initiative du début d’année de Viviane Hamy (voir article du 6 février) pour aider les libraires dans la diffusion de son catalogue, les synergies communes dans l’interprofession doivent permettre d’imaginer une autre forme de travail commun pour un objectif unique : la présence du livre dans les librairies physiques, le soutien à la production éditoriale à travers les éditeurs et enfin la survie du libraire, personnage passionné et dernier maillon dans la chaîne du livre. S’il devient le chaînon manquant, ce n’est pas que l’été qui sera meurtrier, mais la prochaine décennie culturelle qui sera assassine pour tout le monde (auteurs, imprimeurs, éditeurs, diffuseurs, transporteurs, libraires et…clients).

Comme Pierre Desproges, je suis contre la mort et prêt à signer une pétition. Sauf que pour moi, peu importe la forme qu’elle puisse prendre (fermeture de librairie, décès d’un auteur, livre épuisé). Alors pour vivre heureux au moins durant cet été meurtrier, ne négligeons pas la fréquentation des librairies et passons le message autour de nous. Petits moyens mais nobles intentions… C’est un peu comme l’autre jour où je prenais un pastis (saison oblige) avec un éditeur qui parlait de son site (non marchand). Innocemment, je lui demande s’il renvoie la vente de son catalogue vers une librairie en ligne. « Oui, me répond-il sans s’émoustiller,  vers Amazon ».  Là, c’est carrément assassin comme position et je lui ai fait comprendre par A + B qu’il se fourvoyait. Comme quoi, y’a du boulot, même en été !

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A moi Lagarde !

Publié le 8 juillet 2010 | pas de réaction

Rilance : « Subtil dosage entre des mesures de responsabilité dans une situation exceptionnellement difficile » Christine Lagarde, 4  juillet 2010, Aix-en-Provence

Je préconiserais bien à notre Ministre de l’Economie de demander conseil auprès des professionnels de la librairie sur leur maîtrise de la « rilance » qu’ils pratiquent assidument et scrupuleusement de générations en générations (et pour les siècles des siècles ?).

Car de tous temps, les situations ont été exceptionnellement difficiles pour la librairie (fin des années 70 avant le prix unique, arrivée de la FNAC, holdings dans le monde de l’édition, implantations de grandes surfaces culturelles, surproduction éditoriale, coûts des transports, loyers de centre-ville, bas salaires, faible rentabilité…) et ont nécessité un subtil dosage entre des mesures de responsabilités (formation professionnelle, travail des grilles d’offices, commissions commerciales, nouvelle classification, informatisation des stocks, optimisation des flux…)

 christine lagarde-sdaumay

Entre nous, Christine, vous ne souhaiteriez pas coucher sur le papier toutes vos théories qui parlent depuis toujours aux libraires ? Promis, on fera des efforts pour les mises en place et l’organisation de signatures… Vous n’en feriez pas l’Economie de celles-ci !!!

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L’appel d’Epinal

Publié le 18 juin 2010 | pas de réaction

Lorsque près de 50 libraires se retrouvent durant 3 jours pour évoquer leur fonctionnement, imaginer de nouvelles perspectives commerciales et débattre sur leur identité, c’est un signe fort donné à l’interprofession et la preuve de réelles capacités de toute un réseau de librairies à se poser des questions cruciales. En l’occurrence, c’est dans les Vosges que les libraires du Groupement Siloë ont débuté une réflexion sur leur caractère propre (libraire religieux) et ont connu la rupture (générationnelle).

« Etre libraire religieux aujourd’hui. Réalités et évolutions » C’est autour de cette thématique que les libraires ont débuté leur session en se questionnant et en s’interpellant eux-mêmes sur leur propre identité. Grâce aux témoignages de libraires au profil bien singulier (dirigeant aguerri, salarié novice ou moine confirmé) et aux réactions des adhérents Siloë, les 2 heures d’un débat bien mené par un libraire engagé lui-même dans la profession sur le tard ont permis de prendre conscience que le métier de libraire religieux a considérablement évolué en prenant avant tout en compte la dimension économique et gestionnaire de son commerce. Puis, en s’adaptant aux réalités ecclésiales du fait de la baisse de la pratique religieuse, la baisse des vocations, l’évolution des pratiques catéchétiques et l’engagement ou non des instances auprès de leurs librairies. La dimension pastorale que revêt la librairie religieuse doit passer de facto par la dimension économique. Le libraire religieux d’aujourd’hui ne vit plus dans le même schéma (commercial, diocésain, rapport à l’éditeur religieux, formation professionnelle) qu’il y a 20 ans. Mais au fait… qu’est-ce qui définit un libraire religieux en 2010 ? (voir article de Patrick Banon sur «  la librairie religieuse, un espace consacré à l’humain » dans ce même blog)

librairies-siloë

« Et vous, que dites-vous que je suis ? » Tel devrait être en substance le débat lancé par le Groupement des 60 librairies Siloë de France, d’Outre-Mer et de Belgique d’ici l’automne pour faire un état des lieux sur le métier du libraire religieux. Relayé par son propre réseau et ouvert à tous les protagonistes de la librairie religieuse (éditeurs, clients, organes professionnelles, institutions…) cette enquête devrait permettre ainsi de faire un état des lieux de la librairie religieuse de façon à susciter aux jeunes générations de vraies « vocation ».

Car cette jeune génération était bien présente, bien dynamique et volontaire lors de cette session d’Epinal ! C’est elle qui potentiellement sera à même de reprendre ou de créer les librairies religieuses de demain. Elle a besoin d’une feuille de route écrite avec les « anciens » de la profession, mise en perspective par l’interprofession et les acteurs majeurs ou annexes de la libraires et soutenue sans faille par les institutions de l’Eglise. Dès lors, l’avenir de la librairie religieuse sera assuré et pourra s’inscrire dans de nouveaux concepts et saura faire preuve d’audace. N’était-ce pas d’ailleurs l’intuition première de Siloë à sa naissance il y a plus de 20 ans ?

« Vaste débat » aurait dit le Général, et si la librairie religieuse a perdu la bataille en n’ayant plus le monopole de la diffusion du livre abordant le fait religieux, elle n’a pas pour autant perdu la guerre. La guerre pour la promotion du livre religieux alliée aux convictions professionnelles. Une noble guerre menée de façon à garder son caractère propre au sein de ses rayons spécialisés ; cette lutte pour affirmer son expertise sur le livre religieux ; et cette bataille éreintante pour confirmer la dimension pastorale de son engagement de libraire avant tout, mais religieux bien évidemment dans un esprit humaniste en accueillant et en répondant à tout Homme en quête de sens. C’est un véritable appel aux forces vives au service des librairies religieuses de demain qui a eu lieu à Epinal, sur les terres de Lorraine. Un appel à la mobilisation.

Livre-hebdo N°826 par Clarisse Normand

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Librairies animées, commerce rassuré

Publié le 25 mai 2010 | 1 réaction

D’emblée, on pourrait s’imaginer qu’il suffit d’avoir sa librairie dans une rue commerçante, dans un quartier animé, d’organiser des événements culturels ou encore d’animer des rencontres pour considérer que cela doit suffire au libraire pour se considérer comme un véritable acteur culturel. Cependant, nous allons essayer de comprendre que, malgré un environnement et des circonstances qui semblent être porteurs, le libraire risque de passer à côté de ce qui est son cœur de métier : l’animation commerciale.

Lire la suite de l’article dans la  Lettre d’Aquitaine n°787

sdaumay-lettre-lr

sdaumay-consultant

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Lettre à Elizéo

Publié le 17 avril 2010 | pas de réaction

La librairie Elizéo située à Tarare (69) est à vendre. Cet article ne s’inscrit pas dans les pages nécrologie. Loin d’annoncer la mort du petit cheval, ce papier souhaite accompagner Sébastien Dupéray  afin qu’il revende dans les meilleurs conditions sa librairie qui fut son cheval de bataille durant 3 ans. C’est le but de cet article sous forme d’annonce.

facade librairie Elizéo

 

 

Vends Librairie généraliste, dans ville de l’ouest lyonnais de 30 000 habitants, plein centre, excellent emplacement en face de la Poste et en plein cœur commerçant de la ville. Surface de vente de 70m², complétée d’un local logistique attenant et d’accès facile de 25m². Agencements et mobilier récents, librairie informatisée (logiciel Ellipses).TB notoriété, clientèle de particuliers (70% CA) et de professionnels (30% CA : bibliothèques, écoles, collectivités locales, entreprises).

Obtention du label LIR en 2009. CA : 550 000€ / 1 salariée.

Contact : Librairie Elizéo

Sébastien Duperay : 06.60.60.49.39 / elizeo.librairie@orange.fr

 

ÉLIZÉO  - Réseau Plein Ciel
Librairie  Papeterie  Fournitures de bureau
1 rue Anna Bibert  69170 TARARE
Tél. : 04.74.63.40.97
Fax : 04.74.63.17.06

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Google au salon, libraires aux balcons

Publié le 22 mars 2010 | pas de réaction

Doit-on y voir un message subliminal ou l’annonce d’un scoop ? Dans « le Monde des Livres » en date du 19 mars, Alain Beuve-Mery indique dans son article « Gros temps sur le Salon du livre de Paris » que l’« on prête…l’intention à Reed (Reed Expositions, organisateur du Salon) de vouloir reprendre l’initiative et d’organiser un Salon du livre sans le SNE (Syndicat National de l’Edition), mais avec les régions, les petits éditeurs et surtout de nouveaux entrants sur le marché du livre comme Google et Orange» Si ce n’est pas de l’info, çà y ressemble.

 

salon-du-livre-2010

 

Que les Salons littéraires se développent en régions, c’est un fait et une très bonne chose. Cela sollicite les forces vives des régions (des éditeurs aux auteurs, des libraires aux structures associatives ou les collectivités territoriales) et les obligent à se déclarer, à sortir du bois, à s’engager sur leur territoire local, 1er prescripteur de leurs productions et services. 

 

Mais que Reed Expositions puisse jouer du pipeau devant le serpent Google…ce n’est pas validé mais pas forcément un signal encourageant pour la profession. Quand bien même dans ce même article Jean-Daniel Compain (directeur général du Pôle culture de Reed Expositions) estimerait que ce genre de posture « est à la fois hors de propos et complètement stupide », il n’empêche. Une odeur de souffre flotte au-dessus de l’interprofession.

 

Alors que le Portail de la librairie tarde à s’ouvrir malgré toutes les huiles versées dans ses gonds (voire la sueur même des libraires engagés), tandis qu’Amazon bat des records de vente de livre à Noël dernier, il serait pertinent de connaître plus précisément la teneur de ces tractations entre Google, Orange et Reed Expositions annoncées par le Alain Beuve-Mery.

 

Pour que les libraires ne puissent pas demain du haut de leur balcon constater la danse exécutée au Salon, je m’engage à publier, au service de l’interprofession, tous les commentaires avisés permettant de comprendre ce qui se joue véritablement à propos. J’attends pour cela vos réactions. Chaque contribution fera avancer la profession.

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